DPE location en 2026 : ce que tout propriétaire doit absolument savoir

L’essentiel à retenir
- Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025.
- Les logements F seront interdits dès janvier 2028, les E à partir de 2034.
- Le DPE doit obligatoirement être annexé au bail lors de la signature.
- Rénover avant l’échéance légale permet de maintenir son bien sur le marché locatif.
Le DPE en location est devenu l’un des critères les plus scrutés par les propriétaires bailleurs et les locataires. Depuis la loi Climat et Résilience, le diagnostic de performance énergétique conditionne directement le droit de louer un logement : les passoires thermiques classées G sont interdites à la mise en location depuis le 1er janvier 2025, et les logements F suivront dès janvier 2028. Si vous êtes propriétaire ou locataire, voici tout ce que vous devez savoir sur le DPE location en 2026.
Qu’est-ce que le DPE en location et pourquoi est-il obligatoire ?
Le diagnostic de performance énergétique est un document qui évalue la consommation d’énergie d’un logement et son impact sur le climat. Il classe le bien sur une échelle de A à G, A étant la meilleure classe et G la pire. Ce classement repose sur deux critères : la consommation d’énergie primaire (en kWh/m²/an) et les émissions de gaz à effet de serre (en kg CO₂/m²/an).
En location, le DPE est obligatoire depuis 2006, mais son rôle a radicalement changé en juillet 2021. Avant cette date, il n’était que purement informatif. Depuis, il a une vraie valeur juridique opposable : si le DPE s’avère erroné, le locataire peut se retourner contre le propriétaire. Le bailleur engage sa responsabilité sur l’exactitude du document.
Le diagnostic doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié, indépendant de toute entreprise de travaux. Sa durée de validité est de dix ans, sauf si des travaux de rénovation significatifs ont été effectués entre-temps. Les DPE établis avant juillet 2021 ont été invalidés et devaient tous être renouvelés avant le 31 décembre 2024.
Les classes DPE autorisées à la location : le calendrier des interdictions
Le législateur a mis en place un calendrier progressif pour écarter les passoires thermiques du marché locatif. En 2026, voici la situation pour chaque classe énergétique :
| Classe DPE | Statut en location | Date d’interdiction |
|---|---|---|
| A, B, C, D | Autorisé sans restriction | — |
| E | Autorisé jusqu’en 2034 | 1er janvier 2034 |
| F | Interdit à la mise en location | 1er janvier 2028 |
| G | Interdit à la mise en location | 1er janvier 2025 |
Ces interdictions concernent les nouvelles mises en location et les renouvellements de bail. Un bail en cours signé avant la date butoir peut se poursuivre jusqu’à son terme, mais il ne peut pas être reconduit ni signé avec un nouveau locataire si le logement reste en classe G ou F. Un logement énergivore est désormais officiellement considéré comme indécent au sens de la loi.
La notion de logement indécent évolue avec ce calendrier. Depuis janvier 2023, un logement classé G est légalement indécent, ce qui ouvre des droits concrets au locataire : il peut exiger des travaux de rénovation ou une réduction de loyer. Les logements classés F seront soumis au même régime dès janvier 2028.
Quelles obligations pour le bailleur en matière de DPE ?
Le propriétaire bailleur a plusieurs obligations concrètes. La première est l’affichage de la classe énergétique dans toute annonce de location, qu’elle soit publiée en ligne ou en vitrine d’agence. Les plateformes immobilières vérifient ce critère et son absence peut conduire à des sanctions administratives ou au retrait pur et simple de l’annonce.
La deuxième obligation porte sur la remise du DPE au locataire. Le document doit être annexé au contrat de bail lors de sa signature. Le locataire doit recevoir l’original, signé par le diagnostiqueur certifié, avec le numéro d’enregistrement sur la base de données nationale de l’ADEME. Sans ce document ou avec un DPE périmé, le locataire est en droit de contester le contrat.
Pour les logements classés F ou G, le bailleur doit également remettre un audit énergétique depuis le 1er avril 2023. Ce document va plus loin que le simple DPE : il détaille les travaux de rénovation nécessaires pour atteindre au moins la classe B, leur coût estimé et les économies d’énergie attendues. C’est un outil précieux pour planifier sa stratégie avant les échéances légales.
Gérer plusieurs biens locatifs implique de suivre de nombreuses échéances administratives. Un logiciel de gestion locative gratuit peut vous aider à centraliser vos diagnostics, vos baux et vos alertes d’expiration de DPE sans frais supplémentaires.
Comment se déroule un DPE pour un logement en location ?
La réalisation d’un DPE suit un protocole standardisé. Le diagnostiqueur se rend sur place et relève les caractéristiques du logement : surface, année de construction, matériaux des murs et de la toiture, type de chauffage et de ventilation, mode de production d’eau chaude et qualité des menuiseries. Il inspecte également l’isolation des combles et des planchers bas.
À partir de ces données, il applique la méthode de calcul 3CL, seule méthode reconnue depuis juillet 2021. Cette méthode standardisée remplace les anciens calculs sur facture, jugés trop variables selon les occupants. Elle permet de comparer objectivement des logements aux profils d’occupation différents. Comptez entre 100 et 300 euros selon la surface et la région, avec un délai d’intervention souvent inférieur à une semaine.
Le DPE est valable dix ans à compter de sa date d’établissement. Si vous avez effectué des travaux — isolation des combles, remplacement de la chaudière, installation d’une pompe à chaleur, changement des fenêtres — il est conseillé de refaire le diagnostic sans attendre l’échéance. Un DPE actualisé peut faire gagner une ou deux classes énergétiques et rouvrir les droits à la mise en location.
Rénover ou vendre : quelle stratégie face aux interdictions de location ?
Face aux échéances légales, les propriétaires de logements classés F ou G se trouvent devant un choix stratégique. Laisser le bien sans rénovation, c’est s’exposer à ne plus trouver de locataire légalement dès 2028 pour un logement F. Les passoires thermiques sont aussi de moins en moins attractives à la vente, car les acheteurs intègrent le coût des travaux dans leur offre. Si vous envisagez de céder votre bien après rénovation, notre article sur le déficit foncier en cas de vente vous éclaire sur les implications fiscales à anticiper.
La rénovation énergétique est soutenue par plusieurs dispositifs d’aide en 2026. MaPrimeRénov’ reste le principal levier financier pour les propriétaires bailleurs. Les montants varient selon les revenus et la nature des travaux engagés. Voici les aides les plus accessibles :
- MaPrimeRénov’ Copropriétés : pour les travaux réalisés en parties communes d’immeuble
- Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : prêt sans intérêts pour financer la rénovation énergétique
- TVA à 5,5 % : taux réduit applicable aux travaux de rénovation énergétique
- Certificats d’économies d’énergie (CEE) : primes versées directement par les fournisseurs d’énergie
Si le logement est en copropriété, les travaux collectifs nécessitent l’accord de l’assemblée générale et le respect d’un planning précis. Les horaires des travaux en copropriété font l’objet d’une réglementation à connaître pour éviter les tensions avec les voisins et le syndic.
DPE location : les droits du locataire à connaître
Le locataire n’est pas simple spectateur dans le processus DPE. Il a le droit de recevoir ce document avant de signer le bail — et non après. L’étiquette énergétique lui donne une indication directe sur ses futures charges : un logement classé E consomme en moyenne deux fois plus d’énergie qu’un logement classé C, ce qui représente une différence de plusieurs centaines d’euros par an sur la facture de chauffage pour un appartement de 50 m².
Si le propriétaire ne remet pas le DPE ou présente un document périmé, le locataire dispose de recours. Il peut saisir la commission départementale de conciliation, puis le tribunal judiciaire si nécessaire. Pour un logement classé F ou G, il est en droit d’exiger des travaux de rénovation. En cas de refus du bailleur, une procédure pour logement indécent peut être engagée, avec à la clé une réduction de loyer ou une prise en charge des travaux par voie judiciaire.
La transparence énergétique est aussi un levier de négociation au moment de la signature du bail. Un logement mal classé, avec des charges prévisibles élevées, justifie une discussion sur le montant du loyer. Certains locataires n’hésitent plus à faire valoir cet argument, surtout dans un marché où les charges énergétiques pèsent de plus en plus lourd dans le budget mensuel.
Questions fréquentes
Quel DPE ne peut plus être loué ?
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être mis en location. Concrètement, cela concerne les biens dont la consommation dépasse 450 kWh/m²/an d’énergie finale ou dont les émissions de gaz à effet de serre dépassent 100 kg CO₂/m²/an. Les baux en cours signés avant cette date peuvent se poursuivre jusqu’à leur terme, mais ils ne peuvent pas être renouvelés ni signés avec un nouveau locataire si le logement reste en classe G. Les logements classés F seront à leur tour interdits à partir du 1er janvier 2028.
Quelle classe DPE pour louer ?
En 2026, un bailleur doit disposer d’un logement classé au minimum E pour louer légalement. Les classes A, B, C, D et E sont toutes autorisées sans restriction liée au DPE. La classe F sera interdite dès le 1er janvier 2028 et la classe E à partir du 1er janvier 2034. Un logement bien classé — A ou B — constitue un vrai atout sur le marché locatif : il attire des locataires soucieux de leurs charges et se loue généralement plus facilement, souvent à un loyer légèrement supérieur dans les zones tendues.
Est-il obligatoire de donner le DPE au locataire ?
Oui, c’est une obligation légale depuis 2006, renforcée par la loi Climat et Résilience en 2021. Le DPE doit être annexé au contrat de bail lors de sa signature. Depuis juillet 2021, ce document est opposable : si la classe indiquée est inexacte, le locataire peut engager la responsabilité du bailleur ou du diagnostiqueur certifié. En cas d’absence du DPE au moment du bail, le locataire est en droit de saisir la commission de conciliation ou le tribunal judiciaire pour obtenir réparation ou une réduction de loyer.
Quand refaire un DPE en location ?
Le DPE est valable dix ans à compter de sa date de réalisation. Il doit être refait avant ce délai dans plusieurs situations : si des travaux de rénovation importants ont été effectués (isolation, remplacement du système de chauffage, installation de double vitrage), ou si le diagnostic a été réalisé avant juillet 2021, auquel cas il n’est plus valable depuis le 31 décembre 2024. Il est également stratégiquement judicieux de le refaire après des travaux susceptibles d’améliorer la classe du logement, notamment avant une remise en location ou une mise en vente.





